Puisque cette histoire a été jugée incroyable par deux copines complètement différentes, je m'en vais vous la conter aujourd'hui.

Mais avant, resituons mon passif : je suis quelqu'un d'un peu tête en l'air sur les bords, et de ce fait, j'ai déjà perdu deux fois mon portefeuille et une fois ma carte bleue. La première fois c'était au restaurant universitaire de Bridoux, j'étais malade, et à l'époque, j'avais pour habitude de ranger ma dose de médicaments dans la partie porte-monnaie. Mais en me soignant, je l'ai posé sur mon plateau, j'ai mangé, et j'ai ramené le plateau tel que. Le monsieur de la plonge m'a appelé, et j'ai retrouvé mon portefeuille le lendemain.

La deuxième fois, j'avais un sac à mains peu pratique, mais qui me plaisait beaucoup, et il est tombé dans le train. Le soir, un contrôleur appelait à la maison pour dire qu'il avait retrouvé mon portefeuille.

Ma première année toulousaine, j'ai oublié ma carte banquaire dans le lecteur de la caisse du supermarché. J'ai appelé Carrouf, il l'avait gardé, cela arrive tous les jours, et au moment de me rendre ma carte, il l'a cherché parmi au moins une quinzaine d'autres oubliées.

Bref, j'ai l'assurance idoine avec mon compte courant pour que les oppositions à ma carte bleue ne me coute rien.

Début octobre, pile la première semaine de mon nouveau boulot, le 14 pour être précise (car cela sera important pour la suite), au Toulouse Carnet, je me rend compte que je n'ai plus mon portefeuille sur moi. Et merde. Bon, j'ai mon chéquier et mon passeport toujours à la maison, c'est chiant, mais je peux continuer à vivre.
Pour le coup, la disparition ne peut avoir que deux causes possibles. Soit j'ai fait ma tête de linotte chez Botanic le soir en sortant du boulot, soit c'est cet homme un peu louche qui farfouillait dans son sac derrière moi dans le restaurant Chez Raymond. Quand il a vu que mon chéri et moi nous nous sommes retournés, il est parti, visiblement pressé. Ce n'est qu'au moment de payer l'addition que j'ai remarqué l'absence de mon portefeuille.

Bon faisons opposition et une déclaration de perte. Pendant près de quinze jours, j'appelle Botanic, Raymond, les objets trouvés de Toulouse, et je me résigne enfin à me dire que cette fois, je n'ai pas de chance, normal, j'en ai déjà eu beaucoup, et qu'il faut que je refasse tous mes papiers.

Je m'offre un nouveau portefeuille, qui ne me convient pas autant que le précédent, je reçois tous mes nouveaux papiers : je me déteste sans lunettes, j'ai l'air encore plus pâle, encore plus malade, je trouve que je ne me ressemble pas. J'aurais mille fois préféré garder mes photos d'adolescente !

Et la semaine dernière, je tombe sur un article que j'avais mis dans ma liste d'attente depuis un mois, car je n'ai pas toujours le temps de lire tout ce qui m’intéresse à l'instant T de l'actualité. Cet article nous informe que Facebook trie délibérément vos messages privés, juge tout seul de ce qui est intéressant ou non pour vous, et vous cache ce qui lui semble inapproprié pour vous. Ces messages ne vous sont donc pas notifiés et ne sont pas affichés dans le menu message, mais dans un sous-menu "Autres".

Je me rend donc dans ce menu, et que trouve-je ? Un message du 15 octobre, d'une inconnue, qui dit avoir trouvé mon portefeuille dans sa boîte aux lettres.
Je lis donc son message, pratiquement trois mois après ! Je la recontacte bien-sûr, et par chance, elle l'a gardé ; ce qui est étrange, car personnellement, au bout d'un certain temps, je l'aurais déposé dans un poste de police ou aux objets trouvés. On se donne rendez-vous et me revoilà en possession de mon portefeuille. Elle habite dans le quartier de Saint-Cyprien, à deux pas du restaurant. Elle me confie que ce n'est pas le premier cas dans son immeuble, d'autres en ont déjà retrouvés dans leur boîte.

Je suis très contente d'avoir tout de même pu le retrouver. Je suis ravie de ma présence sur Facebook qui se trouve utile pour le coup, mais en colère contre leur politique de merde.

Il n'y avait pas d'argent liquide dedans, mais tout ce qui aurait pu être utile a été volé : tickets de métro parisien, billet d'euromillions, carnet de timbres et un dollar. Oui, je possède un dollar depuis mon enfance toujours sur moi. C'est mon papa qui me l'a donné, et à l'époque, grande fan de Patrick Bruel, je savais qu'il gardait un billet plié en 8 pour lui porter bonheur. Et j'ai toujours fait pareil. C'est, je crois, sa perte qui m’empêche de me réjouir complètement de mes retrouvailles avec mon portefeuille.